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Brachard

La magie de Noël… Notre apprenti projette de l’encre bleue sur le vison blanc de Madame F.

Comment notre apprenti Jean-Marc Brachard a-t-il fait pour tacher d’encre bleue le vison blanc de Madame F. la veille de Noël ?

” Je n’avais pas appliqué les leçons de mon maître d’apprentissage : je n’aurais pas dû manipuler la plume devant la cliente. ” se souvient timidement Jean-Marc Brachard.

Pour la petite histoire

Nous sommes dans les années 70 : Jean-Marc Brachard, 20 ans, terminait sa formation dans la papeterie familiale dirigée par son père Charles Brachard. Il avait obtenu une consécration : la responsabilité du rayon des stylos de marque.

Un soir d’hiver, il finissait sa journée en se réjouissant d’aller faire sa gym quotidienne quand Madame F, très bonne cliente, entra dans le magasin. Elle était d’origine iranienne et avait épousé un banquier français installé à Genève. Elle écrivait des articles pour la presse féminine de l’époque : Elle, Jour de France, Marie Claire. C’était une très belle femme, toujours chic. Elle portait des vêtements et des bijoux de haute couture. Son air parisien contrastait dans la Genève calviniste.

Ce soir-là, elle était vêtue d’un de ces manteaux interdits aujourd’hui : un vison blanc très bien coupé et un chapeau assorti.

Elle s’adressa au jeune Brachard dont elle ignorait l’identité : ” Je suis très contrariée. Ma plume réservoir est bloquée, je ne peux plus la remplir. Pouvez-vous m’aider ? “.

Jean-Marc examina l’objet. C’était un modèle ancien, dont le remplissage à pompe était compliqué et se bloquait souvent en effet. Il fallait vider le réservoir, nettoyer, actionner plusieurs fois le piston avant de le remplir à nouveau.

Oubliant les leçons de son maître d’apprentissage : ne jamais manipuler un stylo devant un client, Jean-Marc entendit soudain un petit son flûté sortir de cette plume réservoir :
PFFFUITTT !

Il leva les yeux et faillit s’évanouir : un trait pointillé d’encre bleue traversait le visage toujours souriant de la belle dame en partant de son chapeau pour terminer sur son manteau à la hauteur du sein gauche. Il se voyait déjà condamné à rembourser ces couteux vêtements jusqu’à la fin de ses jours et surtout, il aurait à subir les foudres de son paternel patron.

Il n’osait plus regarder sa cliente qui continuait de sourire, car elle venait de s’emparer de sa plume réparée en se confondant en remerciements : ” Vous m’avez sauvée, jeune homme, j’étais désemparée “.

Le vendeur tremblant des pieds à la tête, décida de prendre son courage à deux mains :
” Madame … J’ai voulu faire vite et je vous ai… tachée … ”

Que faire ?

Voyant Madame F contrariée par cet incident, Jean-Marc décide de prendre les choses en main et de faire nettoyer le manteau. ” Nous étions à deux jours de Noël, je ne savais pas comment faire pour trouver une blanchisserie capable de nettoyer en si peu de temps ” raconte Jean-Marc.

Il fallait faire le tour de la ville, entre téléphones et déplacements, tout le magasin était mobilisé pour résoudre ce problème. Il se trouve que l’oncle d’une de nos vendeuses était blanchisseur à la rue Neuve-du-Molard.
Jean-Marc réussit à le convaincre de faire le travail pour le lendemain, le 24 décembre.

Noël arrive !

Le lendemain, le vison, parfaitement nettoyé, était enfin prêt juste avant la fermeture des magasins. Le temps était compté à Jean-Marc pour aller le livrer sans attendre à Madame F habitant la campagne de la rive gauche. Quand il arrive chez elle, il découvre qu’elle n’était pas seule : toute sa famille était réunie pour la veillée de Noël. Discrètement, il lui tend le vison en présentant ses excuses. Toujours souriante, elle lui répond : ” Aucune importance mon cher ami, vous avez réparé ma plume préférée, c’est tout ce qui compte “.
S’apprêtant à rentrer chez lui, Jean-Marc se voit invité par Madame F qui insiste pour qu’il reste dîner avec toute la famille le soir de Noël.

C’est ainsi que Madame F, initialement cliente assidue de la papeterie Brachard, devint une grande amie du jeune Jean-Marc Brachard.

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Cordialement,
Jean-Marc Brachard et Pascal Vuarnier

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